Le Royaume des Cieux : le choix de saint Lazare
Le 15 juin 1389, le tsar Lazare de Serbie, souverain du royaume serbe, fut capturé sur le Champ du Kosovo et amené devant son bourreau. Dans son dernier instant de conscience avant la décapitation, il commença une prière pour son peuple. Et puis, au milieu de cette prière, il s’interrompit pour corriger un possessif. Non pas mon peuple. Ton peuple, Seigneur.
Un tsar orthodoxe mourant, à l’heure de sa mort dans la défense de sa nation, refusant d’appeler sa propre nation la sienne.
Les quatre chapitres précédents ont confronté la théologie de guerre du patriarche Cyrille au consensus patristique et l’ont trouvée défaillante sur tous les points. Ces chapitres constituent la critique du livre. Ce chapitre est plus court, et son propos est différent. Il confronte la guerre de Cyrille à un souverain orthodoxe canonisé dont la guerre remplissait chaque critère patristique que les Pères aient jamais établi pour la défense admissible, et qui mourut avec cette correction sur les lèvres. L’argument de ce chapitre ne remplace pas ceux des chapitres précédents. Il leur donne un visage.

Le tsar Lazare, en bref
Le tsar Lazare Pribac Hrebeljanović (v. 1329-1389) est un saint glorifié de l’Église orthodoxe, commémoré le 15/28 juin. Son épouse Milica (la moniale du Grand Schème, c’est-à-dire une moniale du rang le plus élevé, Efrosinija) et leur fils aîné saint Stefan Lazarević sont également des saints. Ses reliques furent trouvées incorruptibles (son corps préservé de la décomposition, signe reconnu de sainteté) un an après sa mort et reposent aujourd’hui dans la cathédrale de Belgrade. Le dossier hagiographique est ecclésial, non légendaire : le patriarche Danilo III de Serbie, Constantin le Philosophe et la moniale Jefimija étaient tous des contemporains dont les témoignages furent rassemblés par saint Justin Popovitch en une Vie formelle au XXe siècle.[1]
Sa guerre au Kosovo était littéralement le cas d’école de la légitime défense orthodoxe que permet le Canon XIII de saint Basile (Chapter 20) : des envahisseurs non orthodoxes attaquant des terres chrétiennes pour la foi, brûlant des monastères, rasant des églises, tuant des chrétiens parce qu’ils étaient chrétiens. Saint Justin Popovitch lui-même saisit le caractère de la bataille en une seule phrase. C’était, écrit-il, « la bataille entre les baptisés et les non-baptisés, les chrétiens et les mahométans ». Cette formulation est exactement le critère que contemple le canon de saint Basile : des chrétiens se défendant contre des envahisseurs non chrétiens pour la foi. La guerre du patriarche Cyrille contre les chrétiens orthodoxes d’Ukraine ne s’en approche même pas.
Lazare n’était ni naïf ni belliqueux. Il avait déjà vaincu le sultan Mourad Ier en bataille ouverte à Pločnik en 1387, deux ans avant le Kosovo, et Mourad avait fui. En temps de paix, il dota des monastères à travers le monde orthodoxe (Ravanica, Chilandar au Mont Athos, Saint-Pantéléimon, Jérusalem, Sinaï, Valachie) et guérit un schisme vieux de plusieurs décennies entre le Patriarcat serbe et Constantinople. Constantin le Philosophe relate sa conduite face aux dévastations turques : « Partout où il passait par quelque ville, province, monastère ou église des fidèles, où les Turcs étaient passés… il remettait tout en ordre et rétablissait l’ordre et le calme ». L’instinct de Lazare face à la destruction ennemie était la restauration, non la représaille.
Il reprit les armes au Kosovo uniquement lorsque, selon les mots de saint Justin, il « ne pouvait plus rester les bras croisés et regarder les membres de son corps, qui étaient de surcroît les membres du corps du Christ, être taillés et arrachés ».
L’appareil théologique complet pour mesurer ce type de guerre contre celle du patriarche Cyrille est développé en détail dans les chapitres précédents (Chapter 18, Chapter 20, Chapter 17). Ce chapitre présuppose ce travail et s’appuie dessus.
Le choix des deux royaumes
La tradition hagiographique et épique orthodoxe serbe rapporte qu’avant la bataille, un ange apparut au tsar Lazare et lui offrit un choix. Saint Justin écrit :
Selon la tradition populaire générale et ancienne, un Ange du Seigneur apparut au saint prince Lazare avant cette bataille et lui demanda quel royaume il souhaitait choisir : choisirait-il le royaume terrestre ou le Royaume des Cieux ? Après avoir médité la question dans la prière, le prince, qui aspirait au ciel, répondit à l’Ange de Dieu : « Si je devais choisir le royaume terrestre, ce n’est que pour un bref temps, momentané et passager ; mais le Royaume des Cieux dure toujours et à jamais. » Ainsi le souverain serbe aimant Dieu se prononça en faveur du Royaume du Christ Roi dans les cieux.
— Saint Justin Popovitch, Life of St. Lazar (Vie de saint Lazare), p. 28
Saint Justin lui-même qualifie cette scène de « tradition populaire générale et ancienne », puisant dans le cycle épique serbe du Kosovo. Elle n’est pas présentée comme une chronique contemporaine. Mais l’Église orthodoxe serbe l’a reçue comme le résumé théologique de ce que signifie le Kosovo, et chaque saint serbe glorifié ayant interprété la bataille l’a lue ainsi.
Saint Lazare choisit le Royaume des Cieux.
Considérons ce que ce choix signifie. Un souverain orthodoxe se vit offrir la victoire militaire sur terre et la refusa en faveur de la défaite terrestre. L’offre n’était pas un choix entre le bien et le mal. C’était un choix entre deux biens : la préservation de la souveraineté terrestre de sa nation, qu’un tsar est ordinairement tenu de défendre, et le Royaume des Cieux, qui est supérieur. Lazare choisit le bien supérieur au prix du bien inférieur. Il choisit de perdre.
Saint Nicolas Vélimirovitch, méditant théologiquement sur la scène, met le verdict de l’ange sur le choix en des mots qui nomment ce que Lazare venait d’accomplir :
En choisissant le royaume céleste, tu as inscrit ton peuple parmi les nations immortelles et angéliques du ciel. En tant qu’homme et en tant que prince, tu ne pouvais léguer un plus grand héritage à ton peuple que de faire un tel choix et de le confirmer par le sceau rouge de ton propre sang.
— Saint Nicolas Vélimirovitch, The Tsar’s Testament (Le testament du tsar), p. 88
Le choix était en lui-même le plus grand héritage qu’un tsar pouvait laisser à son peuple. Non une conquête. Non un traité. Non un territoire maintenu. Un exemple de sainteté, scellé dans le sang royal.
Voilà la réfutation paradigmatique de toute forme d’idéologie qui assimile la survie terrestre d’une nation orthodoxe à la survie de l’Orthodoxie elle-même (Chapter 16, Chapter 15). Lazare démontre que l’Orthodoxie peut survivre même à travers la défaite terrestre, et selon le propre témoignage de l’Église serbe, même triompher à travers elle.
Ce qui importe n’est pas de savoir si la nation orthodoxe gagne ses guerres, mais si les chrétiens orthodoxes qui la composent restent fidèles jusqu’à la mort. Six siècles d’identité orthodoxe serbe sous domination ottomane sont la postérité de ce choix.
« Non pas mon peuple, mais Ton peuple, Seigneur »
Avant sa décapitation, saint Justin Popovitch rapporte que le tsar Lazare prononça sa dernière prière à voix haute :
Ô mon Créateur, qui juges nos péchés connus et inconnus, vers Toi je crie et vers Toi je prie : pardonne-moi pour tout ce que j’ai négligé de faire selon Ta sainte volonté, et sauve mon peuple, ou pour le dire plus justement, non pas mon peuple mais Ton peuple, Seigneur.
— Saint Lazare, dernière prière avant la décapitation, citée dans Popovitch, Life of St. Lazar (Vie de saint Lazare), pp. 28–29 (c’est nous qui soulignons)
Remarquons l’autocorrection. Un tsar mourant, souverain légitime de son royaume, l’homme pour l’amour duquel ses sujets venaient de mourir, commence à prier « sauve mon peuple ». Et puis, dans son dernier souffle conscient, il s’interrompt pour corriger le possessif : non pas mon peuple mais Ton peuple, Seigneur. Un souverain à l’heure de sa mort dans la défense de sa nation refusant d’appeler sa propre nation la sienne.
C’est la déclaration théologique la plus complète qu’un souverain puisse faire sur la relation entre une nation et son Dieu. La nation n’appartient pas au souverain de la nation. La nation n’appartient pas à l’Église orthodoxe de la nation. La nation appartient à Dieu. Un souverain qui comprend correctement son devoir n’est pas le propriétaire de son peuple, pas même à l’heure de sa mort pour le défendre. Il est le gardien temporaire d’un troupeau qui appartient à quelqu’un d’autre.
L’ecclésiologie de l’idéologie du Monde russe, l’affirmation que la nation russe est l’Église, que l’identité ethnique russe est en elle-même une forme d’identité orthodoxe, que la Sainte Russie est un projet politico-théologique (Chapter 15), est l’antithèse directe de la prière mourante de Lazare. Là où le Russkiy Mir revendique le peuple orthodoxe russe comme le sien, Lazare refuse de revendiquer le peuple orthodoxe serbe comme le sien. Là où le Russkiy Mir élève la nation orthodoxe au rang de catégorie théologique, Lazare rend la nation orthodoxe à Dieu.
Six siècles avant que l’hiéromartyr Daniel Syssoïev n’articule la doctrine de l’uranopolitisme, l’enseignement selon lequel « notre véritable patrie est le ciel ; l’Église est notre allégeance suprême » (Chapter 16), le tsar Lazare la vécut à la pointe de l’épée de son bourreau. L’uranopolitisme ne requiert pas un théologien. Il ne requiert qu’un souverain prêt à dire, dans son dernier souffle, que sa nation n’est pas la sienne.
Le verdict de l’Église serbe

Un an après son exécution, les reliques de Lazare furent trouvées incorruptibles. Le père, la mère et le fils aîné sont tous glorifiés par l’Église orthodoxe comme saints. La nation serbe célèbre la mort de Lazare comme son plus grand jour saint national. Six siècles plus tard, dans les suites de la Première Guerre mondiale, saint Nicolas Vélimirovitch, lui-même un saint du XXe siècle glorifié par l’Église orthodoxe serbe, prononça un sermon sur le reliquaire de saint Lazare au monastère de Ravanica à Srem. Son interprétation est la lecture canonique de l’Église serbe sur la signification du Kosovo. Saint Nicolas nomme d’abord l’énigme :
Car les autres nations célèbrent habituellement les jours de leurs victoires comme fêtes nationales, et elles se demandent avec perplexité : « Comment se fait-il que les Serbes célèbrent le jour de leur grande défaite comme leur “principale” fête sainte nationale de l’année ? »… en célébrant Vidovdan, vous célébrez toujours non pas la défaite, mais la victoire de Lazare.
— Évêque Nicolas Vélimirovitch, Saint Lazar’s Victory (La victoire de saint Lazare), p. 117[2]
Quelle sorte de victoire, si ce n’est une victoire militaire ? La réponse de saint Nicolas se lit comme une réprimande du patriarche Cyrille écrite six siècles à l’avance :
L’armée de Lazare combattit pour la défense de la chrétienté, pour la défense de la Patrie, pour la défense des Balkans. L’armée de Mourad combattit pour l’imposition de la foi islamique, pour l’imposition de la suzeraineté, pour l’imposition d’un joug et du silence. Peut-il y avoir le moindre doute quant à savoir laquelle des deux intentions de combat et des deux raisons de souffrir était la plus juste ? Comment se fait-il, alors, que Lazare ait pu être vaincu ? Mais non, il ne fut pas vaincu. Lorsque sa tête ensanglantée roula sur le Kosovo, elle inscrivit une sentence de mort pour les prétendus vainqueurs.
— Saint Nicolas Vélimirovitch, Saint Lazar’s Victory (La victoire de saint Lazare), p. 118
Et le principe qui explique pourquoi la défaite est appelée une victoire :
Si vous tuez quelqu’un qui possède plus de justice que vous, vous ne l’avez pas tué mais glorifié. En le tuant, vous n’avez fait que hâter sa chute et son triomphe.
— Saint Nicolas Vélimirovitch, Saint Lazar’s Victory (La victoire de saint Lazare), p. 118
Le cycle épique serbe du Kosovo résume toute la bataille en un seul distique que saint Nicolas cite comme le verdict définitif :
Sve je sveto i čestito bilo, I milome Bogu pristupačno.
Tout fut saint et honorable, Et acceptable au Dieu de bonté.
— Cycle épique serbe du Kosovo, cité dans saint Nicolas, Saint Lazar’s Victory (La victoire de saint Lazare), p. 118
« C’est-à-dire », explique saint Nicolas, « un sacrifice digne avait été offert pour un objet digne. Tout avait été sacrifié pour le Christ. »
Et saint Nicolas est explicite sur le fait qu’il ne s’agit pas simplement d’une observation historique sur une bataille ancienne. C’est une tradition spirituelle vivante dont l’exigence sur le présent est permanente :
Vénérons donc le sacrifice de saint Lazare. Son choix du royaume céleste signifie toute une tradition spirituelle. Cette tradition spirituelle de Lazare est aussi nécessaire aux hommes d’aujourd’hui que jamais. Car en vérité, elle signifie qu’avec le Christ vient aussi la victoire. Elle signifie qu’aucun sacrifice n’est trop grand pour la justice de Dieu.
— Évêque Nicolas Vélimirovitch, Saint Lazar’s Victory (La victoire de saint Lazare), p. 119
Voilà la mesure. Et saint Nicolas ne parle pas en privé. Il parle en tant qu’interprète de l’Église de ce que signifie le Kosovo, prêchant sur le reliquaire même du saint dont il déclare la signification. L’Église orthodoxe serbe n’a pas révisé sa lecture.
Et le lecteur ne saurait rejeter ceci comme le témoignage paroissial d’une tradition nationale étrangère. Saint Justin Popovitch et saint Nicolas Vélimirovitch sont tous deux des saints canonisés de l’Église orthodoxe, glorifiés respectivement en 2010 et 2003, dont les canonisations demeurent incontestées au sein du Patriarcat de Moscou. Ils parlent en tant que témoins orthodoxes universels, non comme des étrangers, et l’Église russe ne peut réviser leur enseignement sans répudier des figures déjà inscrites à son propre calendrier liturgique.
Le témoignage convergent de la tradition russe elle-même, selon lequel les princes saints de la Russie sont glorifiés non pour ce qu’ils ont gagné au combat mais pour leur piété, leur réticence, et dans le cas paradigmatique des saints Boris et Gleb, les premiers saints canonisés par l’Église russe, leur refus explicite de verser le sang chrétien même en légitime défense, est traité dans Chapter 20.
La mesure qui condamne Cyrille

Avant de confronter la guerre de Cyrille à celle de Lazare, il vaut la peine de nommer ce que l’instinct de restauration de Lazare aurait rencontré en Ukraine depuis 2022 (Chapter 23). Les églises orthodoxes ukrainiennes détruites par le feu russe. Les prêtres orthodoxes ukrainiens tués par les forces russes. Les villages brûlés dans le Donbass. Les séminaires dont les murs ne tiennent plus debout. Les enfants orphelins à cause d’armes que des évêques russes ont bénies devant les caméras. Quel qu’eût été l’instinct de Lazare face à la destruction ennemie, ce n’aurait pas été cela. Lazare restaurait ce que les Turcs avaient brûlé. Le patriarche Cyrille a béni l’incendie de ce que Lazare aurait restauré.
Saint Lazare, tel que le préservent l’hagiographie, le sermon et la mémoire serbe, est la mesure vivante à laquelle la théologie de guerre de Moscou peut désormais être évaluée. Selon cette mesure :
Lazare mena le cas d’école que contemple le Canon XIII de saint Basile : des envahisseurs non orthodoxes attaquant des chrétiens pour la foi. Aucun auteur patristique dans toute la tradition n’a jamais permis aux chrétiens orthodoxes de mener une guerre agressive contre d’autres chrétiens orthodoxes. La guerre de Lazare remplissait tous les critères patristiques (Chapter 20) ; la guerre de Cyrille n’en remplit aucun. Le seul critère que Lazare remplissait, la guerre de Cyrille ne peut même pas l’approcher.
Les dernières paroles conscientes de Lazare furent « sauve mon peuple, ou pour le dire plus justement, non pas mon peuple mais Ton peuple, Seigneur ». Un tsar mourant refusant d’appeler sa propre nation la sienne. Le patriarche Cyrille a déclaré la Russie κατέχων (celui qui retient l’Antéchrist), « centre mondial du christianisme orthodoxe » (Chapter 18), et a donné son imprimatur à toute l’idéologie du Russkiy Mir, qui traite l’identité ethnique et civilisationnelle russe comme étant en elle-même une forme d’identité orthodoxe (Chapter 15). On ne peut simultanément adhérer aux paroles mourantes du tsar Lazare et à l’idéologie du Monde russe. Les deux positions sont mutuellement incompatibles.
L’acte d’accusation théologique complet du sermon du patriarche Cyrille sur le lavage des péchés, de sa déclaration de « Guerre Sainte », de sa revendication du katéchon et de la sacralisation de l’arsenal nucléaire russe est porté dans les chapitres précédents de ce livre (Chapter 17, Chapter 18, Chapter 20). Ce chapitre ne remplace pas cet acte d’accusation. Il lui donne un visage, et donne à ce visage un nom.
L’Église orthodoxe a glorifié le tsar Lazare, son épouse et son fils aîné. Une famille entière élevée à la sainteté pour avoir choisi le Royaume des Cieux au prix du royaume terrestre. Aucune tradition orthodoxe dans l’histoire n’a jamais proposé de glorifier un patriarche pour une guerre agressive contre des chrétiens orthodoxes.
Lazare choisit le Royaume des Cieux au prix du royaume terrestre. Le patriarche Cyrille revendique le Royaume des Cieux comme récompense pour l’expansion du royaume terrestre. Saint Nicolas nomme ce type d’échange dans le vocabulaire propre de l’Église, et ce vocabulaire ne fait aucune concession :
Quiconque sacrifie sa vie pour le royaume terrestre fait ce que le sot Ésaü fit lui aussi : il vend sa dignité pour un plat de lentilles.
— Évêque Nicolas Vélimirovitch, The Tsar’s Testament (Le testament du tsar), p. 104[3]
Et puis saint Nicolas énonce le principe qui mesure les deux positions, clairement, en une seule phrase :
Il vaut mieux obtenir le royaume des cieux par le sacrifice que d’obtenir le royaume de ce monde par la méchanceté.
— Évêque Nicolas Vélimirovitch, The Tsar’s Testament (Le testament du tsar), p. 105
Depuis 2022, le patriarche Cyrille a exhorté les soldats russes à sacrifier leur vie pour le royaume terrestre du Monde russe, et leur a offert le Royaume des Cieux en échange. Selon la propre mesure de Vélimirovitch, dans le vocabulaire propre de l’Église, prononcée par un saint serbe canonisé, c’est précisément l’échange d’Ésaü. Un droit d’aînesse échangé contre un plat de lentilles. Les lentilles sont appelées « les portes du Royaume des Cieux » (Chapter 18), mais ce changement de nom ne change pas la transaction. Le droit d’aînesse est l’Orthodoxie elle-même, et les lentilles sont une guerre contre des chrétiens orthodoxes bénie sous la bannière d’une nation.
Une seule position dans ce chapitre a été justifiée par des reliques incorruptibles, par le témoignage liturgique de l’Église et par six siècles de mémoire orthodoxe serbe. C’est celle de Lazare, non celle de Cyrille.
Archimandrite Justin Popovitch, The Life of the Holy and Great Martyr Tsar Lazar of Serbia (Vie du saint et grand martyr tsar Lazare de Serbie), dans The Mystery and Meaning of the Battle of Kosovo (Le mystère et la signification de la Bataille du Kosovo), A Treasury of Serbian Orthodox Spirituality, Volume 3 (Grayslake, IL : Serbian Orthodox Metropolitanate of New Gracanica, Diocese of America and Canada, 2e édition, 1999), pp. 1–44. Traduit par le très révérend Todor Mika, S.T.M., et le révérend Stevan Scott, Ph.D., en l’honneur du 600e anniversaire de la Bataille du Kosovo. Imprimé avec la bénédiction de l’évêque Longin. Toutes les citations de Popovitch dans ce chapitre proviennent de cette édition. Le passage de Constantin le Philosophe cité est repris par Popovitch à la p. 21 d’après la Vie du despote Stefan de Constantin. ↩
Évêque Nicolas Vélimirovitch, Saint Lazar’s Victory (La victoire de saint Lazare), dans The Mystery and Meaning of the Battle of Kosovo (Le mystère et la signification de la Bataille du Kosovo), pp. 111–121. Prononcé comme sermon sur le reliquaire de saint Lazare au monastère de Ravanica à Srem après la Première Guerre mondiale (les traducteurs datent le sermon d’environ 1919 sur la base de la référence interne aux « cinq cent trente ans »). ↩
Évêque Nicolas Vélimirovitch, The Tsar’s Testament (Le testament du tsar), dans The Mystery and Meaning of the Battle of Kosovo (Le mystère et la signification de la Bataille du Kosovo), pp. 45–110. Publié à l’origine en serbe sous le titre Carev zavet (1933). Méditation théologique sur l’âme du tsar Lazare à l’heure de sa mort, structurée comme une vision dans laquelle un ange céleste et le prophète Amos (saint patron de Lazare) justifient le choix du royaume céleste par Lazare et en expliquent la signification pour son peuple. ↩